Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)
Le 9 octobre 2026
C'est la double peine pour les investisseurs. Les marchés sont toujours minés par le renchérissement du prix du baril de pétrole qui repart à la hausse en direction des 105 dollars et la remontée des taux d'intérêt en raison des tensions qui persistent au Moyen-Orient. D'un côté, les espoirs de rétablissement de la navigation dans le golfe de Persique se révèlent bien trop ténus. De l'autre le réveil des hostilités entre les Houthis et l'Arabie saoudite dans le golfe d'Aden, continue d'attiser les pires inquiétudes sur l'évolution de l'inflation.
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L'appétit pour le risque n'a certes pas totalement disparu, surtout quand il s'agit d'investir dans le secteur de la technologie peu concerné par les difficultés du moment. Toutefois, la perspective de percevoir une rémunération nette de 5,2% en plaçant ses liquidités sur les emprunts d'état américains libellés en dollars dissuade un nombre important d'investisseurs de revenir en toute confiance sur les actions. En Europe les rendements sont moins attractifs, mais la remontée des taux allemands à 10 ans à 3,50% est perçue, là aussi, comme une bonne solution d'attente sans grand risque compte tenu de la solidité de la situation budgétaire de l'Allemagne. La France est, nous le savons, confrontée à des difficultés autrement plus importantes, mais l'envolée des rémunérations à près de 5% sur la dette française est désormais perçue comme une opportunité par certains spécialistes obligataires. La plupart d'entre eux ne croient pas à un naufrage complet de notre pays considéré comme un des principaux piliers de la construction européenne, donc de la monnaie unique.
Dans un tel contexte, il y a tout lieu de rester prudent. Les valeurs européennes sont les plus affectées, mais les dégâts sur la cote restent, somme toute, encore limités. A Paris, l'indice CAC 40 parvient à préserver les 7.700 points et l'Eurostoxx tient ferme les 6.100 points. Wall Street accuse le coup, mais les précédents records historiques sur les indices Nasdaq Composite et S&P 500 ne sont pas très éloignés, puisqu'ils ne remontent jamais qu'au début de la semaine écoulée.
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La raison pour laquelle les marchés ne craquent pas complètement face à l'empilement des obstacles qu'ils rencontrent sur leur chemin, c'est le sentiment que ceux-ci sont alimentés par des événements exogènes, notamment d'ordre géopolitique, qui ne touchent pas le cœur du réacteur. Certes, plus la situation s'enlise, plus elle est susceptible d'attaquer les fondamentaux de la croissance, mais personne n'a vraiment envie de se projeter dans un monde en proie au chaos diplomatique et au désordre économique. Les investisseurs pourraient surtout trouver dans la publication prochaine des résultats du 3ième trimestre de bonnes raisons de revenir sur les sociétés les plus méritantes. Les attentes de progression des bénéfices des sociétés de l'Eurostoxx 600 se situent à près de 20% pour le troisième trimestre, ce qui est loin d'être catastrophique. Deux secteurs sortent très nettement du lot : il s'agit, d'une part, de l'énergie avec un bond attendu de 95% des profits estimés, en lien évidemment avec l'envolée du prix du gaz et du pétrole. Et, d'autre part de la technologie toujours portée par une belle dynamique de 24% des attentes bénéficiaires. Le retour des acheteurs pourrait intervenir en visant en priorité ces deux secteurs. De bonnes surprises ne sont également pas à exclure parmi les valeurs délaissées qui pourraient faire état de performances très supérieures aux attentes.
Quelle politique d'investissement adopter dans le contexte tension actuelle à la fois sur les matières premières et les taux d'intérêt ? Autant le dire tout de suite, notre titre sur « les fruits » que nous récoltons de notre stratégie de sous-pondération des valeurs françaises ne nous procure aucune joie, ni fierté. Nous aurions préféré présenter une belle brochette d'actions cotées à la Bourse de Paris, sur laquelle il aurait été opportun d'investir. Ce n'est, hélas, pas le cas ! Inutile de nous étendre sur la lourdeur du contexte politique et les difficultés économiques que traverse notre pays, nous ayant poussés à prendre des mesures aussi radicales sur l'ensemble de nos portefeuilles PEA. Depuis la rentrée de septembre, nous profitons aussi de la mise en place d'une stratégie de très fort renforcement de la part des liquidités dans tous nos portefeuilles PEA. Cette décision nous a évité de subir la très nette sous-performance des places européennes depuis un peu plus de deux mois, en raison de la plus forte vulnérabilité de la zone euro aux tensions observées au Moyen-Orient.
La meilleure illustration de la pertinence de cette stratégie se retrouve dans la bonne performance de notre sélection d'ETF Monde tous éligibles au PEA qui progresse de 7,7% depuis le début de l'année, comparée à une baisse de 5,15% de l'indice CAC 40 à la clôture de jeudi soir (voir le graphique ci-joint).
L'écart est important, il s'est nettement renforcé au cours des deux derniers mois. Ce portefeuille, totalement composé de trackers dits « synthétiques », donnant accès aux détenteurs de PEA à une large palette d'ETF totalement ouverts à l'international, fait toute la différence. Nos principales positions sont concentrées, par ordre décroissant, autour du tracker Amundi Nasdaq 100, l'ETF Amundi S&P 500, Amundi Stoxx Europe 600 Technology, Amundi PEA Japon et iShares MSCI World Swap PEA. La part auparavant réservée à l'ETF Amundi Euro Stoxx 50 a été réduite à la portion congrue, avec seulement une centaine de parts et celle consacrée à l'ETF sur le CAC 40 a été liquidée. Nous avons aussi coupé l'intégralité de la ligne Amundi Euro Bank (avec à la clé, une belle plus-value de plus de 150%). Cette configuration de portefeuille très diversifiée hors de l'Hexagone a de fortes chances d'être maintenue. A l'opposé, nous n'excluons pas de progressivement renforcer la part des ETF investis aux Etats-Unis, notamment sur le Nasdaq 100.
Parmi les autres arbitrages réalisés cette semaine, nous avons vendu, ce vendredi, nos actions Orange et Deutsche Telekom déstabilisées par la décision d'Elon Musk, le patron de SpaceX, d'acquérir un spectre de fréquences satellitaires basses qui permettra à sa filiale Starlink de devenir un opérateur mobile majeur aux Etats-Unis. Deutsche Telekom, très présent outre-Atlantique, est directement menacé. Par contagion l'ensemble du secteur des télécoms s'en trouve affecté. Dans ces conditions, nous avons préféré couper toutes les positions concernées.
Bonne lecture et bon week-end à tous,
Roland Laskine
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